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numérisation cimetière

La Toussaint arrive : libérez votre mémoire collective !

La Toussaint approche, et la priorité partagée de nos édiles face au flot à venir des familles et proches est bien connue : la propreté du cimetière! Compliquée par l'arrivée du plan Zéro Phyto, cette promesse annuelle pour la fête des morts ne doit cependant pas faire oublier une autre jungle cachée dans les archives. Car quiconque s'est déjà perdu dans les dédales des actes de concession et des cartes jaunies par le temps sait qu'il n'est pas aisé de répondre aux requêtes des usagers du cimetière.

Pour défricher ce terrain, je propose une prestation qui consiste à numériser les informations disponibles sur les cimetières des communes, et cela inclut potentiellement la mémoire de chacun des visiteurs du cimetière. "Pourquoi faire cela?", pourriez-vous penser. Déjà que nos vies sont de plus en plus transformées en données numériques, voilà que nous nous attaquons aux morts !

À première vue, il semblerait légitime de garder l’intimité des noms et des dates de nos défunts aux familles et aux proches. Garder une part d'intimité dans la mort est une façon d'assurer la sérénité qui se dégage d'un cimetière. Mais c’est oublié qu’un autre acteur est impliqué dans ces histoires personnelles, et qu’il joue un rôle pilier dans sa pérennité : la municipalité. En effet, c’est à elle que revient le devoir de gérer au fil des années, des décennies et aujourd’hui des siècles, pour que cette institution reste un lieu de paix et de quiétude.

Des missions obligatoires à l'épreuve du temps

Que doit-elle faire pour cela ? Déjà, assurer la disponibilité d’emplacement pour enterrer un nouveau défunt. Chose pas si aisée quand on sait que les cimetières publics ont été créés il y a plus de 150 ans, et qu’à l’époque, les sépultures pouvaient se limiter à une motte de terre, aujourd’hui effacée par le temps.

Puis lorsque nous savons qu’un caveau familial se trouve dans un cimetière, les héritiers ne savent pas forcement exactement combien de places il peut rester, faute d’une transmission parfaite au fil des générations. Et là, vers qui se tourne-t-on ? La mairie, pardi !

Et c’est sans compter le flot de badauds, en quête de leurs origines, toujours plus important qui frappent aux portes des mairies. Ainsi, là où une municipalité n’avait pour mission que de gérer des concessions devenant privées dès qu’elles étaient vendues, on lui demande souvent aujourd’hui de prendre le relais des archives familiales, qui subissent elles aussi les affres du temps et des mémoires. Or, les actes de concessions n’exigent que d’avoir le nom du propriétaire de la concession, qui s’il est lié à la première personne enterrée, n’en dit pas long sur l’identité des suivants au fil du temps. C’est donc une mémoire artisanale, souvent propre aux secrétaires de mairie, cantonniers et élus qui composent à un instant T la municipalité, qui font face aux requêtes.

Une autre mission voit une forme de transfert de responsabilité du particulier vers la collectivité : la salubrité. Aujourd’hui, c’est la problématique du zéro phyto qui anime les mairies, soucieuses de proposer un lieu propre à ses concitoyens là où la mauvaise herbe n’avait pas de place jusqu’à aujourd’hui. Mais une autre doléance des visiteurs revient souvent aux oreilles des conseillers, à savoir l'état des tombes, comme si cela était de leur ressort. Cela se comprend, qui apprécie de devoir naviguer entre les gravats et apercevoir des tombes abandonnées lorsque nous venons chérir le souvenir d’un être aimé ? C’est là un autre phénomène bien fréquent, la disparition de l’entretien des tombes, qui par leur statut de concession perpétuelle, rend le suivi bien difficile.

Là, une solution est disponible pour les municipalités, mais elle est particulièrement lourde à gérer : la reprise de concession. Celle-ci exige une quantité considérable de papiers, de requêtes et de supports dans le temps, pour une durée légale de quatre ans. Un laps de temps souvent trop conséquent pour qu’une équipe municipale décide de s’y atteler sereinement, pour un dossier qui n’a rien d’un projet d’avenir pour une commune.

L'administration 2.0 du cimetière

Tous ces éléments invitent à repenser la gestion d’un cimetière, objet de plus de 150 ans, dont les composantes sont aujourd’hui des cartes créées il y a plusieurs décennies, aux dimensions et emplacements souvent mis en erreur, et des actes disparus ou mal numérotés.

Déjà pressé à être toujours plus efficace dans un ensemble d’autres domaines, les représentants d’une collectivité territoriale voient cet havre de paix se transformer en enfer administratif. Alors, ce constat posé, en quoi l’outil numérique évoqué plus haut constitue une opportunité légitime pour aborder ces problèmes ?

Jusqu’à aujourd’hui, le seul document administratif élaboré entre la famille d’un défunt et la municipalité est l’acte de concession, qui rappelle uniquement le nom du propriétaire, la date d’achat et le prix. Et si un numéro est généralement apposé à cet acte dans un ordre chronologique, sur le terrain, nul n’a été tenu pendant des décennies de placer son caveau dans un ordre logique, suivant la dernière tombe bâtie.

Ainsi, les documents de suivi disponibles en mairie – la carte papier du cimetière et le registre des actes de concession – ne permettent pas une recherche aisée d’un caveau si on se base sur le seul nom de famille (souvent dupliqué dans un même cimetière).

En adjoignant les yeux d’un ordinateur à ces documents, tout devient beaucoup plus simple. Il sortira en quelques secondes toutes les tombes associées à un nom de famille, pourra vérifier la disponibilité d’un emplacement par une recherche cartographique, et permettra d’éditer des documents automatisés pour les reprises de concession et les recherches généalogiques.

La mémoire collective au service de la collectivité

Mais n’oublions pas qu’un ordinateur reste un outil relativement bête, seulement très doué à appliquer des tâches. Il ne déduira pas de lui-même les morts qu’il ne connaît pas, là où la mémoire et l’intelligence humaine sauront faire le travail de connexion et de recherche.

Il devient alors d’utilité publique que de collecter les bribes de mémoire détenues en chacun pour reconstituer une base de données utile à la communauté d’usagers du cimetière (famille et amis des défunts) et à l’administration.

La Toussaint, où les familles affluent vers la dernière demeure de leurs aïeux, est pour cela le moment tout indiqué pour réaliser cet effort de collecte de la mémoire collective. Peu importe que vous ayez mis en place ou pas encore de format numérique de votre carte, chaque Fête des Morts constitue une occasion d’ancrer la connaissance des anciens dans un support durable, avant que ces derniers ne rejoignent leurs compagnons de route.

Retrouvez un modèle de fiche à imprimer à disposer à l'entrée de votre cimetière à la période de la Toussaint, en complément de la carte indiquant les numéros d'emplacement. Plus de détails en me contactant si nécessaire.

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Adressage, et plus si affinités

Après avoir vécu sous le règne du lieu-dit pendant des centenaires, les communes rurales sont rattrapés au début du 3ème millénaire par les réseaux, et doivent opérer une opération pour s’y conformer : l’adressage. Fini donc les guides basés sur la couleur des volets, vous pourrez désormais vous rendre en tout point lieu grâce à votre GPS et une adresse. À moins que…

Pas un mois se passe sans que la presse locale en annonce une nouvelle : l’adressage est devenu un passage obligatoire pour toute commune qui se respecte. Désormais, chacun se verra

Une opération bienvenue mais souvent laborieuse

Tout comme le Département impose désormais le passage des collectivités aux Zéro Herbicide pour avoir droit à certaines subventions, l’adressage est devenue une condition sine qua non pour espérer être un jour fibré. À cela s’ajoutent des secondes gagnées pour les services d’urgence, ou de façon moins annoncée, pour les postiers modernes que sont les livreurs de colis.

Une opération donc bienvenue pour des gains logistiques, mais qui représente somme toute un gros investissement d’argent pour les communes. Et si ces dernières ne sont pas accompagnées ou équipées pour gérer la numérotation de chaque maison, cela devient vite un fardeau administratif à gérer.

Déjà car cette opération se couple généralement avec une autre liée à la cartographie du village, et souvent sujette à des mises à jour lourdes et difficiles à appréhender : le classement des voies. Inventaire officiel de la voirie de la commune auprès des services de l’État, c’est sur celui-ci que repose une partie de sa dotation. Et il n’est pas rare que des écarts considérables se soient glissés au fil des années. Et les cartes réalisées avant la consécration de la géomatique sont rarement parfaites.

Puis l’habitude des villes constitue aussi régulièrement un blocage psychologiques pour ces opérations. Habitués à la numérotation sérielle qu’ils retrouvent dans les grandes communes voisines – nombres impairs à gauche et pairs à droite – la proposition d’une numérotation métrique, pouvant induire 4 chiffres, trouve souvent des obstacles. Mais là où les routes font des kilomètres et qu’une forêt peut séparer deux maisons qui se suivent dans la numérotation, passer de la maison n°4 à 6 fait moins sens que de passer de la n°210 à la n°2120. Et c’est sans côté qu’une ribambelle de nouvelles maisons pourraient très bien apparaître entre ces deux-là d’ici 20 ans, créant des bis, ter et quater à n’en pas finir.

La pédagogie devient donc un exercice obligatoire pour passer sans encombre l’approbation des habitants, tous attachés à un territoire qu’ils habitent au quotidien et pour lequel ils retrouvent le goût du débat.

L’adressage… et après ?

Ainsi il n’est pas rare de voir de petites communes passer une à deux années pleines pour traiter leur dossier d’adressage. Et celui-ci est rarement vécu comme l’accomplissement d’une vie d’élus, du moins en l’état. Car ci l’adressage est un gage d’économie certain pour le secteur privé, la commune ne tire qu’un maigre profit de cette nouvelle donnée, dont elle est pourtant la créatrice.

Pourquoi ? Parce que rares sont les entreprises ou acteurs l’accompagnant dans l’usage d’outils cartographiques pour ses propres besoins. Pourtant, les municipalités sont souvent les premiers postiers du village : bulletin municipale, lettre à destination des aînés ou des adolescents… Là où les entreprises du numérique ont depuis longtemps fiché tout un chacun et sait très bien comment le contacter, le transport du courrier municipal repose encore souvent sur la connaissance d’un ou deux conseillers experts du territoire, dont l’absence peut vite provoquer des remous. Ceux qui touchent pourtant à la cartographie numérique savent très bien qu’il n’est pas si compliqué de réaliser une base de données qui fera gagner bien du temps au prochain chargé du courrier.

À côté de cela, l’adressage consiste souvent à enrichir les bases de données de services aux ressources privées, comme la Poste ou l’IGN, sans être invité à se tourner vers des outils accessibles à tout le monde.

Enfin, il y a les services accessibles à tout citoyen. Rares sont les personnes à ne plus se passer d’un GPS ou mieux encore, des services de Google Maps. Cependant, Google ne se presse que rarement à intégrer de nouvelles données pourtant publiques, comme le démontre certaines cartes quelques années après un adressage réalisé.

Pour un bien commun cartographique

Alors, que faire pour tirer véritablement profit de cet adressage ? La première étape consisterait à mon sens à orienter les collectivités vers des systèmes cartographiques complètement ouverts, et qu’ils puissent modifier du jour au lendemain tout en disposant d’outils pratiques de réalisation de cartes.

Première étape donc : OpenStreetMap. Ce Wikipédia de la carte est modifiable par tous, et lié à plein d’outils pratiques. Plus encore que l’adressage, c’est l’ensemble des services de la commune que cette carte permet d’afficher à chacun. Et cela en fait un excellent outil de participation citoyenne, via l’organisation de cartoparties avec les géographes en herbe ou encore les écoles. Pourquoi donc demander à un seul cartographe qui estime son temps à 50€/heure pour retranscrire une connaissance dont VOUS êtes expert, quand vous pouvez le faire vous-mêmes avec un peu de guidage ?

Derrière, vous pourrez donc profiter des services de MapOSMatic pour réaliser un plan de ville, ou encore télécharger les données sur un logiciel de cartographie libre comme QGIS pour éditer des cartes pratiques pour vos élus. Peur de ne pas être au niveau ? Sachez qu’une communauté mondiale se cache derrière ces outils et qu’elle partage librement ses tutoriels et cours pas-à-pas. Et qu’en intégrant l’équipe des communes autonomes, vous donnez les moyens à certains, comme moi, de documenter aussi bien que possible les nouveaux usages du Big Data communal, au service de ses habitants.

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site web douzillac

Fini le site municipal statique, bienvenue sur votre site communal vivant

L’arrivée du World Wide Web a créé un nouvel espace, que toute organisation s’est sentie obligée d’investir pour gagner une nouvelle visiblité. Nous avons ainsi vu naître une ribambelle de sites municipaux au tournant des années 2010, rivalisant d’esthétisme, mais souvent aux dépends de son dynamisme.

En effet, en embauchant des webmasters pointilleux et/ou désireux de répondre aux goûts des élus, la carcasse des sites est souvent vite devenue une coquille vide, du fait d’un manque d’ergonomie et de facilité à mettre la main dessus. Ajoutez à cela une gestion hiérarchique du site, un changement d’équipe municipal ou l’irrémédiable fatigue du rédacteur bénévole, et voilà que bien des informations deviennent obsolètes, voire contreproductives.

C’est à travers ce constat que démarrait ma réflexion en 2012, date à laquelle je décidai de contribuer à mon village à distance – du Québec – pour initier le premier cite communal du territoire, et non municipal. Je m’explique :

Un site avec tous les acteurs du village

S’il est devenu indispensable pour une municipalité de disposer d’un site internet pour permettre à ses citoyens d’accéder aux informations les plus basiques, rien ne l’oblige à se concevoir comme seul architecte. C’est avec cette idée que j’ai présenté l’idée d’un site communal à un maximum de membres actifs du territoire, à savoir la municipalité bien sûr, mais aussi les responsables d’association, les commerçants et artisans, les loueurs de gîtes, ou encore tout citoyen expert du territoire, à travers son histoire, sa faune, sa flore…

Dans cette organisation donc, pas de hiérarchie. C’est la multitude des sources d’information qui crée un site riche et vivant, dans des villages ruraux où les seules informations gérées par la mairie ne seraient pas suffisantes pour inviter chacun à revenir le visiter régulièrement.

Une interface intuitive, un contrôle a posteriori

Plutôt donc de bâtir un site de toute pièce, l’idée a rapidement été de passer par un CMS, une application facilitant la création et la rédaction d’un site internet. Moins de personnalisation donc, mais plus de facilité à écrire, organiser les pages et l’information…  WordPress s’est avéré être un choix plébiscité par sa simplicité. Après avoir choisi un patron gratuit, qui donne un cadre graphique et d’organisation des informations, nous avons pu nous concentrer sur la rédaction de contenus.

La grande question qui s’était alors posée était la suivante : quel contrôle du contenu? Le choix de départ, par pragmatisme, a été celui d’un contrôle a posteriori, c’est-à-dire après publication et grâce à l’oeil attentif des premiers lecteurs. Certains acteurs pouvaient alors être craintifs sur le fait que certains puissent utiliser cet espace d’expression pour de mauvaises raisons. Mais la force de l’expérience parle aujourd’hui pour justifier notre posture. Aucune bévue, et les quelques grossières fautes d’orthographe ont toujours pu être modifiées rapidement. Ainsi, l’intelligence collective prend le pas sur le casse-tête administratif qu’aurait induit un contrôle a priori.

Vers un réseau de sites communaux

Après 4 ans d’expérience, 368 articles et une mise à jour quasiment gratuite du format du site, le site affiche toujours de belles performances, avec en moyenne 2000 pages vues et 1000 visiteurs par mois, sans compter le reste de l’écosystème numérique, à savoir la page Facebook et les infolettres.

En décidant de proposer un tel service pour d’autres communes, tout en gardant l’ossature générale du site de Douzillac, l’objectif est simple : éviter de faire dépenser une fortune dans un site certes personnalisé aux goûts des décideurs, pour plutôt investir dans l’intégration d’un contenu de qualité et la formation de l’écosystème local.

Dès lors qu’un nombre plus importants de communes déciderait de partir d’un template partagé, tout en adaptant couleurs, logos, et contenus, c’est autant d’énergie consacré à l’élaboration de services toujours plus dynamiques et intégrés : création de calendriers de territoire, articles intercommunaux (la faune et la flore ne s’arrêtent pas aux frontières administratives), forums d’échanges entre élus et concitoyens… les idées ne manquent pas, et une nouvelle fonctionnalité mise en place pour un site pourra derrière intégrer aux autres du réseau.

Aujourd’hui, la commune de Saint-Jean-d’Ataux s’est appropriée le modèle présentée avec Douzillac, et toute commune désireuse d’en faire autant peut en faire la demande auprès de moi. Le coût d’installation ne dépassera pas la centaine d’euros, la rédaction de contenus et la formation des acteurs est fonction du volume.

 

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